Besnier Jean Michel

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Jean-Michel BESNIER Professeur des Universités 1ère classe à l'Université Paris-Sorbonne (Paris IV) Philosophe Agrégé de Philosophie Docteur d'Etat en Sciences Politiques

Itinéraire :

Enseigne actuellement la philosophie à l'Université de Paris IV - Sorbonne (chaire de Philosophie des Technologies d'information et de Communication). Dirige le Master Professionnel " Conseil éditorial et gestion des connaissances numérisées " à l'université de Paris-Sorbonne http://www.paris4.sorbonne.fr/fr/IMG/pdf/Brochure_Master_CE_2006-07.pdf . A dirigé le département de sciences humaines de l'Université de Technologie de Compiègne (de 1997 à 2000). A créé et dirigé (de 1990 à 1997) un cursus intitulé " Humanisme et Modernité " à l'École Centrale de Paris. Appartient au Centre de Recherche en Épistémologie Appliquée (CREA), laboratoire du CNRS et de l'École Polytechnique axé sur les sciences cognitives (depuis 1989). Fut recruté en Délégation au CNRS par la laboratoire " Communication et Politique " du CNRS (1995-1998).

A créé et dirigé la collection " Sciences Cognitives " aux éditions La Découverte en 1990, la collection " Optiques Philosophie " aux éditions Hatier en 1995 et la collection Mélèté aux éditions Le Pommier (depuis 2005). A appartenu au comité de rédaction de la revue Esprit (de 1989 à 1996) A collaboré à L'Express pendant plusieurs années. Actuellement rédacteur-en-chef adjoint de la Revue Hermès (dirigée par Dominique Wolton) et chroniqueur à Sciences et Avenir Hors-Série ainsi qu'au Nouvel Observateur Hors-Série. A collaboré de manière permanente aux Émissions Le Banquet puis Philambule diffusées chaque semaine sur France-Culture (de 1996 à 2000). A été Membre de la Commission " Sciences et Sociétés " de l'UNESCO, de la Commission " Littérature scientifique et technique " du Centre National du Livre, du Comité d'experts scientifiques de l'ANVIE (Association nationale pour la valorisation interdisciplinaire de la recherche en sciences de l'homme et de la société auprès des entreprises), du Conseil Supérieur de la Recherche et de la technologie. Actuellement membre du Conseil Scientifique de la Cité des Sciences et de l'Industrie de La Villette), du Comepra (Comité d'éthique et de précaution de l'INRA), du Comets (comité d'éthique du CNRS) et de la section 17 (Philosophie) du Comité national de l'Université (CNU). Membre du Conseil d'Administration de la Fondation d'entreprises C.Génial pour la science et la société. Professeur invité à l'Université Libre de Bruxelles, depuis 2004.

Distinction : Chevalier dans l'Ordre des Palmes académiques

Activités de recherches :

Depuis une dizaine d'années, Jean-Michel Besnier conduit des recherches sur les impacts philosophiques et sociologiques des sciences et technologies cognitives. Du point de vue de l'historien de la philosophie qui est d'abord le sien, il a le souci d'inscrire la simulation des comportements intelligents dans la dynamique des Temps modernes et de la présenter comme l'un des arguments en faveur d'une conception prométhéenne de l'homme. Reste qu'il n'ignore pas que les experts en Intelligence artificielle affichent des ambitions apparemment plus modestes : réaliser des machines à jouer aux échecs, à formuler des diagnostics médicaux ou bien à traduire des langues étrangères. Tout au plus prétendent-ils le plus souvent produire des modèles informatiques à leurs contemporains. En réalité, ces ambitions dissimulent des projets d'une tout autre ampleur que J-M. Besnier voudrait cerner et évaluer : depuis l'exigence d'élucider la nature et le fonctionnement de l'acte de connaître jusqu'à celle de rendre compte du "couplage" - pour ne pas dire de "l'alliance" - de l'homme avec le monde. L'Intelligence artificielle a certes ses méthodes qui s'inspirent des mathématiques, de la linguistique ou de la biologie. Il n'empêche qu'elle s'expose à reconduire des préoccupations métaphysiques, dont les sciences croyaient pouvoir s'exempter. En témoignent particulièrement les théoriciens de l'"IA émergentiste", ceux qui en appellent aux promesses de la VA (Vie artificielle) ou qui participent au développement d'une "épistémologie naturalisée". Les recherches engagées par J-M. B. visent à situer les uns par rapport aux autres les enjeux scientifiques et métaphysiques qui font de l'Intelligence artificielle une discipline en prise sur notre temps. Dans le contrepoint de cette première perspective, Jean-Michel Besnier poursuit son questionnement du recours aux théories philosophiques de la conscience chez les théoriciens engagés sur un programme dit de "naturalisation de l'esprit". L'enjeu n'est pas seulement à ses yeux de clarification conceptuelle. Il concerne aussi le statut du réductionnisme à l'oeuvre dans les sciences de la cognition, dans leurs rapports aux traditions philosophiques qui, depuis Hume et Kant, ont elles-mêmes contribué à "dé-substantialiser" la conscience (en la réduisant à une simple fiction théorique ou bien à un pur opérateur de connectivité). La question reste cependant posée de l'articulation, dans les sciences cognitives comme dans l'histoire de la philosophie, d'une approche réductionniste (d'inspiration fonctionnaliste ou physicaliste) de la conscience avec une approche éthique. Cette dernière question justifie par ailleurs les travaux de Besnier répertoriés en philosophie politique. Enfin, dans le prolongement du détachement au CNRS qui lui a été accordé de 1994 à 1996, Jean-Michel Besnier s'interroge sur les enjeux philosophiques des biotechnologies végétales et médicales. La question lui paraît se poser de déterminer les limites susceptibles de régler les comportements et les demandes individuels dans l'espace d'un universel qui n'exerce plus de pouvoir normatif et qui n'est plus guère désiré en tant que tel ? Puisque ni la tradition, ni la nature, ni la transcendance d'un Dieu ne paraissent plus devoir contraindre les modernes que nous sommes, quel sens et quelle crédibilité donner à l'éthique que les progrès scientifiques et techniques appellent et qui signale malgré tout, par l'exigence diffuse qu'elle exprime, un attachement à la communication intersubjective ? L'idée de subordonner l'apprentissage de la vertu et par suite de la démocratie à l'art du discours mérite aujourd'hui d'être réexaminée et sans doute réévaluée. D'autant que cette idée paraît susceptible d'articuler de manière efficace les préoccupations pour la science, la morale et la politique qui doivent animer le citoyen. C'est en partant des rationalisations et argumentations rhétoriques à l'œuvre dans les morales existantes - celles des individus et des peuples - que J-M. Besnier croit possible de construire une éthique universelle. L'urgence est donc pour lui du côté de la prise en compte de ces rationalisations et argumentations et c'est cela même qui doit faire aujourd'hui l'objet du combat démocratique. Bibliographie

Plus de 140 articles dans de nombreuses revues. Une douzaine d'ouvrages dont une Histoire de la philosophie moderne et contemporaine (1993) actuellement disponible en deux volumes au Livre de Poche, L'Humanisme déchiré (1993) et Éloge de l'irrespect (1998) aux éditions Descartes et Cie, une Théorie de la connaissance (1996) chez Flammarion puis dans la collection « Que sais-je ? » des PUF (2005), des Réflexions sur la Sagesse (1999) aux éditions Fayard-Le Pommier, d'un livre écrit avec Luc de Brabandère et Charles Handy qui présente Érasme, Machiavel et More comme " trois philosophes pour les managers d'aujourd'hui " (2000) , aux éditions Village Mondial et récemment, de La croisée des sciences. Questions d'un philosophe aux éditions Le Seuil (2006)..

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